Sivens... para bellum !

Publié le par AFP

Ils ont tué Rémi !
Ils ont tué Rémi !

Par Francetv info avec AFP

Mis à jour le 28/10/2014 | 20:41 , publié le 28/10/2014 | 20:41

 

Une grenade utilisée par les gendarmes a-t-elle provoqué la mort de Rémi Fraisse, ce jeune opposant au barrage de Sivens (Tarn), dont le corps a été retrouvé dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 octobre ? Selon le procureur de la République d'Albi, des traces de TNT, un composé chimique présent dans des grenades utilisées habituellement par les forces de l'ordre, ont en tout cas été retrouvées sur les vêtements de la victime. Francetv info revient sur les différents types de grenades que les gendarmes et les policiers ont à leur disposition.

Les grenades offensives

Les grenades offensives ne contiennent rien, si ce n'est du trinitrotoluène (TNT), qui provoque l'explosion. Ces engins provoquent une puissante déflagration. "Cela provoque un bon effet de souffle et pas mal de bruit", explique une source sécuritaire. L'utilisation de ce type de grenades dépend de la situation et de l'appréciation des forces de l'ordre. Lorsque cela est possible, celles-ci sont censées prévenir les manifestants que des grenades offensives vont être tirées.

Car ce genre de grenade, qui doit permettre aux forces de l'ordre de regagner du terrain face à des manifestants, peut provoquer de graves blessures. "Il suffit qu'un manifestant prenne à la main une grenade offensive au moment où elle explose et il peut avoir la main arrachée, c'est déjà arrivé", précise cette source. C'est une grenade de ce type qui pourrait avoir été utilisée sur le site du barrage de Sivens et avoir provoqué la mort de Rémi Fraisse. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé mardi que leur utilisation était suspendue jusqu'à nouvel ordre.

Les grenades assourdissantes

Les grenades assourdissantes, également appelées "grenades de désencerclement", sont des grenades défensives. Ayant pour but de repousser des manifestants, elles contiennent de petites billes en plastique, qui éclatent de façon fragmentée au moment de l'explosion, et "peuvent éventuellement blesser très légèrement, mais c'est très rare", selon une source policière travaillant dans le maintien de l'ordre.

Les gendarmes et policiers ne sont censés utiliser ce type de grenade qu'en cas de danger, lorsque des opposants les encerclent ou les menacent. Les grenades assourdissantes doivent être lancées en l'air, pour exploser dans le ciel, et ont pour but de disperser la foule.

Les grenades lacrymogènes

En complément des grenades offensives et des grenades assourdissantes, les forces de l'ordre peuvent utiliser des grenades lacrymogènes. Elles contiennent un gaz irritant, censé repousser les manifestants.

 

Ils ont tué Rémi.
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Ils ont tué Rémi.

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Barrage de Sivens : le témoignage des proches de Rémi Fraisse

 

Nos confrères de Reporterre publient le témoignage des proches de Rémi Fraisse tué ce week-end sur le site du barrage de Sivens. Qui était le jeune homme ? Que faisait-il à Sivens ? Que s'est-il passé dans la nuit de samedi à dimanche

  • Par Véronique Haudebourg
  • Publié le 29/10/2014 | 11:36, mis à jour le 29/10/2014

L'amie du jeune militant, sa soeur, ses amis ont accepté de rencontrer un de nos confrères de Reporterre et de lui donner leur version de ce qui s'est passé le 25 ctobre à Sivens. Ils reviennent aussi sur la personnalité de Rémi Fraisse. Tous ont affirmé qu'ils ne s'exprimeront plus dans les médias et que c'est donc le seul témoignage qu'ils apporteront

Tous décrivent « un type bienveillant, pacifiste et un peu grande gueule » qui " n’était pas du genre à se laisser embarquer sans raison par n’importe qui". Ni militant ni activiste, "il s’intéressait à la protection de l’environnement, se sentait concerné par ce combat."

Son amie Anna était avec lui sur le site du barrage de Sivens et raconte qu'elle est arrivée "avec lui vers 16 heures sur place, on voyait déjà au loin la fumée, l’hélicoptère, on ne s’attendait pas du tout à ça. Mais des personnes nous ont rassuré en nous disant que tous ces événements se déroulaient de l’autre côté de la zone, à deux kilomètres. (...) Nous sommes restés du côté du chapiteau, Rémi a rencontré plein de gens, chantait des chansons, les messages inscrits un peu partout nous faisaient rire, il y avait un bon esprit. C’est là dedans que nous voyions notre place. Nous sommes restés à proximité toute la soirée, à faire la fête."
 

Notre dossier omplet sur la mort de Rém​i Fraisse et le barrage de Sivens ici

 

 

Publié dans Actualité 2014

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