Tarnac, suite Le vent se lève...

Publié le par Julien Coupable

Ils ont tué Rémy d'une balle dans le dos !
Ils ont tué Rémy d'une balle dans le dos !

INTERVIEW DE JULIEN COUPAT

« Nos infinies réserves de lâcheté veulent toujours croire que nous pourrions abandonner à quelque force autre que nous, à quelque leader le soin de nous sauver. Mais il n’y a plus rien. Nous allons devoir faire nos affaires nous-mêmes. Le vent se lève. Il faut tenter de vivre. »

Alors que le parquet de Paris a jugé bon de délivrer à la presse son réquisitoire final dans l’affaire de Tarnac, il n’aura fallu qu’un week-end pour que les inculpés de terrorisme leur renvoie la pareille. C’est donc au tour de Julien Coupat, lundi 11 mai 2015, de donner ses impressions sur la procédure antiterroriste en question ainsi que sur la situation générale.
Nous nous permettons de reproduire ici l’interview accordée à Aude Lancelindans l’Obs.

Mais un peu comme pour le procès-verbal de filature D104, l’hilarité s’arrête quand vous prenez conscience que la magistrature a, dans son petit monde suspendu, le pouvoir de transformer, contre toute évidence, un faux grossier en « vérité judiciaire » - quand vous réalisez que tout cela est grotesque, mais que cela marche, et se dirige vers vous pour vous écraser. Nous ne nous sommes pas battus, et nous ne nous battons pas, pour faire reconnaître on ne sait quelle innocence, ni pour que la justice, dans sa grande mansuétude, daigne abandonner ses poursuites infondées. Nous nous battons parce que l’on a tenté et que l’on tente encore de nous détruire, de rayer définitivement de la carte la possibilité politique dont l’État a fait de nous un exemple. Nous nous battons pour nous, pour nos proches, pour nos amis et pour tous ceux qui nous ont un jour exprimé leur sympathie, et ce malgré la disproportion massive des forces.

Plutôt que de faire prudemment marche arrière, l’appareil antiterroriste, ivre de sa toute récente popularité, insiste pour avoir le dernier mot dans l’enceinte de ses petits tribunaux. Qu’il sache que nous ne sommes pas de ceux qui se laissent faire, que nous préférerons toujours déchaîner les feux de l’enfer plutôt que de nous laisser piétiner, et que nous ne sommes pas seuls.

Publié dans La Mise en garde

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