Amy par Moni

Publié le par Moni Grégo

Vraiment laide !
Vraiment laide !

AMY
« I don’t ever want to drink again
I just, ooh just need a friend. »
Amy Winehouse. Rehab.
*
“Mais voilà qu’une jeune femme en noir très belle vient à nous. On la dirait vêtue pour un enterrement.
Elle chante : Je suis Amy Winehouse et ce soir, je me suis endormie par à-coups sans me démaquiller, sans me déshabiller. Je suis si seule dans la nuit d’été de Londres. Tout allait tellement vite et voilà que tout ralentit. Pourquoi cette lenteur de poisse ? Je pars à la renverse dans quelque chose comme un sommeil, mais pas. Un enfant se cache et veut jouer. Je crois que… Est-ce que je rêve que je meurs, ou est-ce que je meurs ? J’ai un peu peur. Est-ce que dans un rêve on peut faire la différence entre ce qui serait du réel ou pas ? Je sens mon cœur, chaque battement de mon cœur. Peu à peu tout devient de plus en plus lent…

C’est étrange je suis en train de me dire à l’intérieur de mon rêve que je vais mourir et je n’arrive pas à le croire. Tac-tac, tac-tac, tac-...tac, tac-....tac, étrange rythme dérythmé. Quelque chose en moi se laisse emporter et en même temps quelque chose en moi essaie de résister, voudrait crier. Ma bouche s’entrouvre et… non, je n’ai pas la force de crier. Plus aucun appui nulle part. Un état inconnu. La trouille anesthésie chaque particule, je n’arrive à rien d’autre qu’à me recroqueviller pour assister au désastre. Il me faut soulever un tel poids que je m’écroule. C’est très doux et très effrayant. Où en suis-je ? Qu’ai-je ? Qu’ai-je fait aujourd’hui ? Tout s’embue. J’entends les secondes aller à rebours. Le temps se compte, régulier, se scande, encore, encore… Tac-tac, tac-tac, tac-tac, doucement, doucement, à peine encore un battement, encore un… encore… bon, non, non… et plus rien. Voilà. Silence radio.

Je suis morte. 23 juillet 2011, j’ai vingt-sept ans, je suis bel et bien morte. Help ! Je fus plus électrique que Jimi Hendrix, plus soul qu’Aretha Franklin, plus jazzy que Billie Hollyday, plus swing que Ella Fitzgerald, plus sexy que Sarah Vaughan, plus belle que la Camille du Mépris de Godard, plus pop que Michaël Jackson, plus rock qu’Elvis Presley, plus Walkyrie que Wagner, plus Reine de la nuit que Mozart, plus folle que Nina Hagen, plus droguée que Janis Joplin, plus baiseuse que Mick Jagger, plus fragile que Marilyn Monroe, plus tatouée que Kurt Cobain, plus vibrante que Jim Morrison, plus douce que Gelsolmina, plus mystique que Falconetti, plus inventive que Picasso, plus brune que Warhol fut blond, plus délirante que Dali, plus secrète qu’Anne Franck, plus magique que Catherine Ringer, plus squaw que Patti Smith, plus libre que Tina Turner, plus détruite que Whitney Houston, plus absente que Brian Jones, plus tragique que Jean Seberg, plus tendre que Lady Gaga, plus sûre que Beyoncé, plus drôle que Raymond Devos, plus insouciante que Jean-Luc Godard fut sérieux, plus obscène que Serge Gainsbourg… On n’a pas fini d’autopsier l’immensité de la somme que je suis, du grand œuvre avant-gardiste, classique et universel que je représente, du trésor artistique et humain enfin trouvé que ma petite personne a su concentrer et donner au monde rapido presto. Et hop ! Le XXIe siècle s’ouvre et mon corps sacrifié encense l’autel de l’Occident pour qu’il mue ou se meure.“ MONI GRÉGO.

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