A mon corps défendant…

Publié le par Feuille de Jade

Deux feuillets perdus par quelque beau de l’air *

et ramassés dans un ruisseau de Sète par Feuille de Jade
pour l article n° 800 du blog…

cf; Les petites vieilles par Charles B.

 

Ce sont des femmes d’amour décharnées

en manque de jars ou de chéquiers

qui sous mes rimes chiquant le R.I.B.

m’offrent leur rab de chair

 

Etranges créatures

qui au pied de mon lit à tort

quémandent dans l’art des ratures

leur part de littérature

 

Comme une marée de morues

amarrée au roc de mes reins

ces fausses reines au rimmel amer

émergent en flot de mes berges

 

Toute une nuit

au va-et-vient de leur poitrine

où le peu qui traîne de jeunesse

sans que la joie naisse

chute lourdement

toute une nuit


Comme en sacrifice elles sont sacré leurs fesses

à mes désirs lourds et déments

Je vois de ces beautés sabotées par la vie

corps osseux enlisés en carcasses spectrales

des nourrices de fortune

narcissant mon stylo

pour en puiser des verts posthumes

 

De ces fausses elfes jonchées

sur mon œuvre en jachère

j’entends à leur vagin

en crue l’écho vagir

sur mes vers de chair

en rente viagère

 

Retard de flemmes de ces femmes retorses

ou vaste retour sur investissement

en se glissant entre mes ossements

elles couchent avec mon testament

 

Vétustes vestales dévastées per le temps

et qui vont dévêtues de leurs 3 fois vingt ans

les bras en éventail jouer leur va-tout

sur mon cœur que le venin de l’ennui évente

 

Et l’amour qu’elles entérinent

reines tirées de mes seins taris

ne sont pas des prêts par intérêts

 

Prêtes à tous les méfaits

par les ans tuméfiées

quand leur lèvre dit « tu m’es fier »

je sens à mes rimes de fer

 

Car pour que leur postérieur passe à la postérité

sous leur bouche quasi édentée

ces quasimodas en dentelles

rêvent de laisser leurs baisers

en caries putrides

croasser vers ma carotide

 

A mon corps défendant

le noir en feu ardent leur va si bien

 

Corbeaux de mes derniers jours

quand la douleur même m’avive

seront-elles mes veuves

 

Seront-elles moins ivres

quand claudiquant des hanches et du chéquier

entre mes vers déchiquetés

se jetteront leurs chicots sur au hachis de mon corps ?

 

Non !

Car aux plis de mes plaies vives

je n’aurai pas de pleurs veufs

 

Et que mes vers jamais ne servent

de simulacre de veuvage

 

* ndlr : se faire connaître…

A mon corps défendant…
A mon corps défendant…
A mon corps défendant…

Publié dans Salon de lecture

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