Comptine pour l’homme pressé

Publié le par Le Père Peinard

ndlr : auteur inconnu !*

 

Emstrang gram

Biga biga ic calle gram

Bure bure ic raede tan

Emstrang gram.

 

Où cours-tu, mon petit d’homme, petit mâle ébouriffant, tout paré des couleurs vives qui font ton âme si fière, tout vibrant, tout scintillant, dans ton habit de lumière? Vers quelle corrida sanglante, vers quelle bête à dompter, quel ennemi à réduire, vers quel pompon enlever ?

Un pas de plus et tu sors !

 

Emstrang gram

Biga biga ic calle gram

Bure bure ic raede tan

Emstrang gram.

 

Pourquoi tournes-tu la tête, mon guerrier des temps présents, quand tout ton corps projeté, ton pied lancé vers l’avant t’emportent dans l’avenir, dans ce qui t’attend devant ? Pas de regard en arrière pour les bâtisseurs d’empire, pas de regrets imbéciles pour ceux qui se croient puissants ! Il n’y a que les poètes pour douter de leurs conquêtes.

Si le roi ne le veut pas, c’est pas toi qui sortiras !

 

Emstrang gram

Biga biga ic calle gram

Bure bure ic raede tan

Emstrang gram.

 

Est-ce la peur qui t’assaille, mon pauvre enfant conquérant, la peur des laissés derrière, le père que tu as tué, une mère désolée, combien d’amantes trompées ? Ne crains pas, il sont fantômes, ont perdu réalité. Tu les a vidés d’eux-mêmes et tu les as oubliés. Les larmes coulent silencieuses des yeux que l’on a aimés.

Tintamarre, tintamarre, marre, marre, gare, gare, garde-fou, garde-fou, fou !

 

Emstrang gram

Biga biga ic calle gram

Bure bure ic raede tan

Emstrang gram.

 

Mais soudain, le soir, le noir. Regarde là, devant, la gueule du Léviathan. Tu t’en vas y disparaître, mon frère, mon fils, mon amant, petit homme époustouflant dans ton habit de lumière. Et les cris qui te rappellent, ta sœur, ta mère, une femme, ne peuvent plus rien pour toi.

Un pas de plus et t’es mort !

 

* - se faire connaitre, forte récompense...

 

Publié dans Atelier écriture

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