Crévin diou, par lou cordierou dé lou Baroussou...

Publié le par Le Père Peinard

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Les brébis s’ensauvent sur l’herbu !

Faut ben vouère qui parle ici,

Oh l’poilu, sur la brêche et hue.

Et pis, pâsse darré, pâsse les !

Hin font la boule les trottines,

Pus d’coup lune hein,

Mais…

Mâtine, sonnailles et piétaille chargent !?

Jamais vu d’berger dans l’arb’e pendu

Puis perché, regard torve, béret trituré.

Et v’là ti pas l’père Antoun,

L’chafoin, tête en l’air, goguenard :

« C’est-ti qu’les brébis t’gardent qui tournent ? »

« E prennent l’omb’e et j’prend l’air ! »

Vieux r’nard c’estui-çi, pas clair.

Et que faire de ces féroces ?

C’est-ti pus une troupe mais une meute.

Y’s’fait tard, faut descendre, les rentrer.

J’va faire le zouéve et courir à la r’mise,

Passer pertuis et clore les promises.

« Heu dia Margot, y’a du boulot !

La troupe est enragée cont’e moué

Un coup d’l’Urope en zèle inavoué

Ba, verra bin d’main si fait jour »

 

Non mais, qu’est-ce que c’est que ce rêve* ?

Je suis citadin bon teint sans ancêtres proches éleveurs et vu l’heure ( moins juste ) il faut assurer le triptyque, levé – café – habillé. J’ai la tête à l’envers et… moto – rapido – boulot n’est pas joué. Bonjour sec (le chef et la demi-heure de retard), bien le bonjour Messire (l’humoriste), yo (le rappeur de cœur) et enfin le bureau – pause*.

Les nouvelles ? Avis de tempête très raisonnable suivi du collègue : « ça moutonne ferme » Non ? « Et bien oui et plus encore, des sauvages qu’on a du mal à gérer pour l’info » Une tempête ? « Non, juste des rebelles en quête de victimes mais… rien n’est fait, voyons la bécane »

FORMATION DE CUMULUS SUR LE MASSIF CENTRAL –

DEPRESSION A TENDANCE CYCLONIQUE - 

C’est nouveau ça, du jamais vu dans la région.

 

L’heure de la mise au point n’apporte rien de nouveau si ce n’est que le point d’interrogation reste entier. Les cumulus ont adopté une formation sphérique autour du Plomb du Cantal. Bonne nouvelle, pour son anniversaire le patron nous invite au resto du coin et se refend même de sa bouteille : château Margot. J’aurais du m’en douter !

 

ail-phone piégé !L’après-midi est torride, je rêve d’un hamac* qui me tendrait ses ficelles pour accueillir une sieste* franche et réparatrice mais, rien ne va plus : les fameux « moutons » se ruent vers Clermont puis Orléans et s’installent finalement à Paris. L’épicentre paraît être la Tour Eiffel. Le patron me délègue pour une observation « de visu », encore du jamais vu ! Remarquez, je comprends, je suis le premier possesseur d’un téléphone portable qui fait ma fierté – si j’avais su…


Et me voilà là-haut, jumelles au point les yeux rivés sur le grand cirque d’une main, l’autre sur l’électronique tout crin. J’ai peur que ce truc ferraillé tombe sous une poussée de cent trente kilomètres heure comme mes compagnons d’infortune d’ailleurs : c’est la débandade ici sauf une « risque tout »…

 

Et le pire c’est que je vis avec elle depuis le mariage que nous avons célébré aux environs de Saint Flour au cœur d’une belle-famille d’éleveurs d’ovins…

Devinez le prénom de ma femme ?

C’est à ne pas croire !

 

Farem Thau Pétar !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* - On notera la forte récurrence de "hamac",  "sieste",  "repos", "dormir", "rêve", "rien foutre al païs'... chez notre l'auteur...

Publié dans Corderie en Barousse

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