D'irréductibles libraires résistent à la crise...

Publié le par perepeinard

Bécherel, village d'irréductibles libraires qui résistent à la crise


Malgré la crise et "les clients qui repartent avec un seul livre de poche", les irréductibles bouquinistes de Bécherel - première cité du livre en France - résistent tant bien que mal, en tablant sur internet ou sur leurs spécificités pour attirer les collectionneurs.

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Photographe : Marcel Mochet :: Photo prise le 20 février 2003 dans une librairie de Becherel
photo : Marcel Mochet, AFP

Lancée en 1989 pour redonner vie au village breton de Bécherel, ancienne place forte médiévale enrichie par le commerce du lin et du chanvre mais désertée dans les années 60, la Cité du livre compte aujourd'hui 16 librairies d'occasion, contre six au début de l'aventure. Elle attire plusieurs milliers de visiteurs lors des Fêtes du Livre, à Pâques, et a fait des émules dans sept villages en France.


"On arrive à tenir le choc mais les livres chers ne se vendent pas du tout. Alors, on tournicote avec les livres de poche, les BD", explique Erwan Guérin, un ancien brocanteur à la tête de la librairie "Le Donjon", près des remparts du village de 600 habitants, à 30 kilomètres de Rennes.


Sur une étagère, une édition originale en anglais de la "Théorie de la relativité" d'Einstein - à 80 euros - attend preneur "depuis 6 mois", tandis que comics et éditions populaires d'Arsène Lupin partent comme des petits pains.

A la librairie-salon de thé Gwrizienn ("Racines", en breton), Yvonne Prêteseille, ancienne directrice d'école, reconnaît que l'activité "plafonne". "Mais ça reste beaucoup plus facile pour nous, économiquement, que dans le secteur du livre neuf car on a des marges plus intéressantes", analyse la libraire, membre de Savenn Douar, association fondatrice de Bécherel-Cité du Livre.


"Et si la crise empire, on est un regroupement de libraires, ce qui permettra de trouver des solutions", assure-t-elle, confiante en l'étoile de la cité du livre, qui a survécu à bien des soubresauts. A ce sujet, elle se souvient de "l'époque où les libraires parisiens venus nous rejoindre étaient les détenteurs de la Culture et pas nous", "où les hommes voulaient s'occuper des livres en laissant aux femmes les animations".


Pour tirer leur épingle du jeu, les libraires ont l'avantage d'avoir peu de charges. "La plupart sont +âgés+ - 40/50 ans -. Ils ont déjà remboursé leurs maisons, achetées à l'époque où ça valait que dalle", commente Nolwenn Bordier, la toute jeune libraire des "Neiges d'Antan", installée il y a 6 ans.


"Je suis la seule à avoir encore tout à payer", soupire-t-elle, le moral en berne après "un hiver dur", où les client ont troqué "les piles de livres" contre "un poche".

Publié dans Salon de lecture

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