Haïkus proposés par Benoist Magnat

Publié le par Le Père Peinard





Le voleur


M’a tout emporté, sauf
La lune qui était à ma fenêtre.


Ryokan


 


Rien ne dit
dans le chant de la cigale
qu’elle est près de sa fin


Basho


  


Le mendiant -
Il porte le ciel et la terre
Pour habit d’été.


Takarai Kikaku
1661-1707


 


Les feuilles tombent
Sur les feuilles -
La pluie tombe sur la pluie


Katô Gyôdai
1732-1792


 


Fût-ce en mille éclats
Elle est toujours là -
La lune dans l'eau


Ueda Chôshû
1852-1932


 


Sans savoir pourquoi
J'aime ce monde
Où nous venons pour mourir


Natsume Sôseki
1867-1907


 


Le serpent s’esquiva
Mais le regard qu’il me lança
Resta dans l’herbe


Takahama Kyoshi
1874-1959


 


Retombé au sol
Le cerf-volant
A égaré son âme


Kubota Kuhonta
1881-1926


 


Après le tonnerre -
Les nuages de la nuit
Ont le teint frais


Hara Sekitei
1889-1951


 


Son ballon qui éclate -
Pour le garçon
Le ciel s'est éloigné


Suzuki Shin'ichi
1898-1998


 


Manger du raisin
Une grappe après l’autre
Comme une grappe de mots


Nakamura Kusatao
1901-1983


 


Bonne Année !
Seule la télévision
Me la souhaite


Sumitaku Kenshin
1961-1987


 


Il n'y a rien
Dans mes poches
Rien que mes mains


Sumitaku Kenshin
1961-1987


 


Peu à peu mes poumons
Se teignent de bleu -
Voyage en mer.


Shinohara Hôsaku


 


Aux poignée suspendues du métro
Les zombies du mois d'avril
Accrochent leurs mains.


Hoshinaga Fumio
Contemporain


 


Dans le volcan éteint
Au fond du lac
Le long baiser des truites


Maruyama Kaidô
Contemporain


 


Presque une nuit d'automne -
Le souvenir
De sa main froide


Kinoshita Yûji
Contemporain


 


Le vent du sud -
Il farde de rouge
Les yeux des vaches


Mayuzumi Shû
Contemporain


 


Deux cents pas
Jusqu'au boulanger -
Sept pas jusqu'à la voie lactée


Origasa Bishû
Contemporain


 

Publié dans Haïkus de Lily

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