La Fée d'Oryphore

Publié le par Le Père Peinard

DE  L’EFFET  DORYPHORE

 

Il y a bien longtemps, au dernier millénaire, c’est dire, un quidam (lire qui a dame) décide de s’installer comme électricien à Luchon – Haute Garonne, Pyrénées centrales. L’aventurier risquant sa langue d’oïl pour le Languedoc ne se gêna pas pour prévenir les amis. Quoi de plus naturel que de passer les vacances au soleil montagnard ?

 

1987

Maison-en-paille--.jpgSuite à quelques séjours animés, le conteur et sa douce décident de déménager armes et bagages : un fourgon, une 4L via Toulouse. La ville rose n’étant finalement qu’une étape de trois mois, autant retrouver la nature et les pentes raides, termes angoissants pour ma belle car comment travailler autrement qu’en récoltant châtaignes, noix et noisettes ? Les pissenlits aussi ?

Nous nous sommes installés chez des amis de la mégapole eux aussi expatriés de frais. Porte ouverte aux fêtes qui avaient une tendance affirmée à laisser traîner des lambeaux de brumes au fond des éveils matinaux.

 

Anecdote :

Vacances d’hiver sur une opportunité, la bande d’émigrés rejoint la Joue du Loup (Alpes) pour s’entasser à quinze dans un studio. La pitchounette dormira dans la baignoire faute de place, la tête à l’opposé des robinets ; parents et amis sont prudents. La première journée sera rentabilisée au maximum : et que je dévale, qui sera le premier en bas ? Sauf que le ski, je ne connaissais pas, sportif oui massif mais… quelle est la string-meteo.jpgtechnique d’arrêt ? Le lendemain d’un matin aux aurores, toujours faute de place et de silence entre deux ronflements, je me lance dans une auto-formation éclairée de quelques conseils. Notez que l’économie sera investie en nourriture tenant au corps : pâtes, riz et gruyère ou l’inverse. Au retour vers 18h, exclamation : Eh les poteaux, ils ont assuré sur la bleue, il y a une série de tags pour ne pas perdre la piste ! Réponse du skieur émérite : Tu parles l’Emile, c’est tes traces d’hier ! Bien sûr, je n’ai qu’un jean trempé le soir, faisant semblant de sécher la nuit et tout en raideur sentant venir la récidive. Dur l’apprentissage…

 

En fin d’une petite semaine et en forte progression, je risque la noire, déboule en ouragan, souris en regard des soucoupes des amis et comme il faut bien s’arrêter, je m’encastre dans les congères en amont de fin de virage ; trop fier du virage limite à gauche, de l’envolée de poudreuse réduisant en blanc et au silence ébahi les observateurs. Enfin presque : Et s’il y a un rocher juste là ? Et bien je n’y ai pas pensé, sourire jaune.

C’est tout bien toi ça ! Texto.

 

Chantal-pas-contente--.gifRetour aux doux foyers mais il s’avère rapidement qu’il n’est pas simple de vivre à deux familles sous le même toit entraînant notre déménagement, exit les beatniks, soyons raisonnable.

 

Seconde étape – 1988

Le château de 25 m2 sur deux étages a l’avantage d’avoir un loyer  exactement aligné sur les aides administratives. Bien joué non ? Trois ans et demi nous ont été nécessaires pour réussir un bambin. Il faut savoir ne pas se précipiter, l’entraînement ayant du bon…

 

Anecdote :

Barousse-2.JPGUne placette et quatre foyers dont le plus intéressant pour le pitchou est l’atelier de couture de la fille du carcan local – la mère. Pendant que la couturière surveille activement notre enfant qui prend très délicatement de pleines poignées d’épingles pour les répartir sur le sol, la mamie demande de l’aide ; c’est nouveau et pas l’ombre d’un refus ne m’effleure. « Tu me le tiens ? » « Aaahhh » Une poubelle et un coq à l’envers, pire un couteau charcute savamment la bestiole. Un regard puis deux en biais pendant les soubresauts d’agonie du volatile et le citadin est aux antipodes d’un commentaire ciblé. Rire et sourire jaune…

 

1991

C-est-la--.jpgForts d’ardentes discussions sur notre statut réciproque de locataire, nous décidons avec le copain du collège de faire cause commune pour acheter une maison traditionnelle en pierre assez vaste pour choyer deux familles. Visite commune dans un village du bout du monde quasiment hors cartes. Voilà l’instant que choisit la Chance pour sourire aux idéalistes amateurs de vraies forêts et de pentes à se faire un torticolis : le menuisier du village ayant abandonné ses copeaux pour six planches depuis cinq ans laisse une place libre qui tombe vraiment bien puisque l’ami est aussi menuisier. Autre chance, la maman du propriétaire vit juste à côté et comme elle se fait vieille, nous obtenons la bâtisse et l’atelier malgré une offre moins alléchante avec une consigne de surveillance : merci Pyrène ! Il fallut une année de travaille quotidien avec l’aide des amis du sud comme du nord, banc et arrière banc inclus,  pour envisager une installation spartiate, il est vrai mais tellement attendue. Au passage, il fallut encore trois années pour finaliser deux cocons nettement distincts pour se préserver des inévitables tensions d’une cohabitation rapprochée. Bonne nouvelle, un bambin de plus renforce la famille : elle est pas belle la vie ?

 

A suivre : l’épopée de 1992 à nos jours…

La Fée d'Oryphore 2

Publié dans Corderie en Barousse

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