Le Grand Bazareth - 3

Publié le par Le Père Peinard

Direction le Bar 

 

Le Grand Bazareth - 2

 

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L’Avocette* Café

Il est beaucoup plus fréquenté que l’Oratoire* malgré ses horaires variables comme l’humeur de la tenancière. Tables et chaises métalliques, petit billard américain, babyfoot inutilisable, terrasse ombragée, fumeurs invétérés malgré l’interdiction générale sur le site. Les ordinateurs et les Ipads y fleurissent, attirés par une légende tenace qui veut que le wifi y soit accessible.

Des enfants criards, encouragés par leurs parents, réclament des glaces. Les ceusses qui ne crient pas jouent bruyamment au foot entre les tables où viennent volontiers s’échouer les boules de pétanque échappées d’un terrain non-règlementaire. Le service y est assuré par des stagiaires* aux prénoms exotiques, étudiantes anglaises mais charmantes, venues apprendre le français comme jeunes filles au pair et bientôt promues au rang de bonnes à tout faire. Pleines de bonne volonté, elles renversent plus de verres qu’elles n’en servent.

La tenancière les accusent régulièrement de ne rien foutre sinon de trôner jambes écartées sur les tabourets en attendant des hommages boutonneux sous-titrés A nous les petites anglaises. Calomnies.


A la soupe !

Lazaret-Paella.jpgLa Restauration collective, 300 couverts les grands jours, jouit de trois espaces : deux terrasses arborées et parasolées*, et une salle couverte. On y sert le petit-déjeuner en self-service jusqu’à 9h30 (l’heure où je me réveille), le repas de midi et du soir. Pas de goûter. Le personnel subalterne bénéficie d’une petite salle réservée et lugubre. L’encadrement n’y met pas les pieds.


Le placement est libre, les tablées sont  plutôt familiales et le vieux mâle célibataire… suspect, surtout s’il fait des mots croisés et se réserve une petite table à l’ombre près du buffet. La cuisine et le service sont assurés par des équipes exclusivement multiculturelles. Une brigade de jolies beurettes polyglottes virevolte entre les tables pour prendre les commandes et livrer à l’assiette le plat principal : poisson ou viande.
Je recommande le poisson. Pour la sauce.


Les entrées nombreuses et variées sont en self-service. Les portions sont copieuses, bien cuisinées, le poisson volontiers surgelé et le lapin a du venir à pied par la Chine*. Le pichet est une affreuse piquette locale. Elle a des amateurs inconditionnels. Le Pasteur, notamment. Le plateau de fromage est digne des meilleures maisons. Desserts laitiers, gâteaux et fruits à volonté. Le dimanche, des glaces en cornet. Gros succès.

Le directeur fait régulièrement le tour des tables, distribuant poignées de mains, sourires et compliments. Il déteste les réclamations dont je l’accable et fait désormais un détour pour éviter ma table, surtout depuis que j’ai dénoncé une intolérable atteinte à la laïcité : la cantine ne propose des croissants qu’au petit déjeuner du dimanche. Et pour les bons chrétiens en famille.

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