Le Grand Bazareth - 6

Publié le par Le Père Peinard

 

Le Grand Bazareth - 1

 

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Echecs et mat !

Dès mon arrivée en bon prosélyte, j’avais proposé un tournoi d’échecs. Enthousiasme général, le directeur en rêvait pour même envisager une activité à longueur d’année. Il met immédiatement une salle à disposition et promet de servir une collation. Mais il n’a qu’un échiquier à l’accueil. D’un format non-règlementaire. Contact est pris avec l’excellent Maxime*, l’animateur d’un club d’échec local et l’organisateur du Tournois de la Saint Louis. Le jour convenu : RIEN, pas la moindre annonce, pas la moindre affiche, pas la moindre inscription, pas la moindre collation. Trahison. Sabotage. Apostasie.


Je file à l'étranger...Alors que la venue de              !!! Carlos Rodriguez* !!!          avait fait l’objet d’une véritable campagne d’information…


A mon corps défendant, je vais devoir élever la voix et tancer vertement le directeur et l’animateur en chef : «  Bande de grosses feignasses… ». In petto.


Le directeur blêmit et bafouille. Rambo* l’animateur rougit et part en courant. Dix minutes après des affichettes fleurissent fleurissent sur les arbres, les panneaux, les murs : Tournoi d’échecs au Chalet. Entrée libre. Méfiant comme un normand, je vais reconnaitre les lieux. Parfait. Tandis que Maxime* programme l’ordinateur, Thomas et Noah, les deux gamins que j’ai réquisitionnés au passage vont disposer les échiquiers et les pendules.


Madame-Irma-copie-1.jpgRambo* rase les murs. Perfide, je susurre doucereusement que je ne vois pas la collation… Trois minutes après deux carafes de jus d’orange et quelques sachets de chips se matérialisent. Je suggère de les garder au frais jusqu’au Palmarès. Les concurrents se bousculent. Il y a même des concurrentes… qui repartent quand elles réalisent qu’il faut savoir jouer. Je me fais battre au premier tour par un subtil breton. Je taste le jus d’orange** et m’en vais discrètement reprendre une sieste malencontreusement interrompue. Il ne sera plus jamais question du moindre tournoi d’échec***. Ni de quoi que ce soit qui pourrait donner le moindre labeur additionnel à l’Animateur en chef.


Madame Irma : " C’est beau la résistance ouvrière."


**-  Vers la fin de sa vie, Paul Valéry qui vécut et repose sur le Mont Saint Clair avouait sans vergogne que son principal souci était «  que sa citronnade soit convenablement rafraichie ». Quelle sagesse ! Et quelle récompense après une pensée qu’un long regard sur le calme des Dieux… et sur la buée de la carafe en cristal !


*** : rectificatif dernière heure : un accord est intervenu pour une pratique régulière des échecs dans le village…

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