Le Grand Bazareth - 7

Publié le par Le Père Peinard

Le Bazareth by night

L’accueil ferme à 19h 30, la cantine à 21h 30, le bar c’est selon le programme des récré-animations. Le portillon plage ferme à 23h. Le portail roulant bloque les entrées de voitures à minuit. Mais pas les sorties d’éventuelles visiteuses vénales. Le couvre-feu officieux s’établit vers 23h. Les rires, éclats de voix, cris d’enfants sont tolérées jusqu’à une heure du matin.

 

Le Grand Bazareth - 1


Pour rafraichir ma chambrette, je laisse la porte calée par une chaussure et la fenêtre ouverte dès la nuit tombée, dans l’espoir vite déçu d’un courant d’air bienfaiteur. Je repose ainsi sur ma couchette dans le plus simple appareil, tel Xanthis dans le vent frais du matin…


le-passeur.jpgAu vent frais du matin frissonne l’herbe fine ;
Une vapeur légère aux flancs de la colline
Flotte ; et dans les taillis d’arbre en arbre croisés
Brillent, encore intacts, de longs fils irisés.
Près d’une onde ridée aux brises matinales,
Xanthis, ayant quitté sa robe et ses sandales,
D’un bras s’appuie au tronc flexible d’un bouleau,
Et, penchée à demi, se regarde dans l’eau.
Le flot de ses cheveux d’un seul côté s’épanche,
Et, blanche, elle sourit à son image blanche…
Elle admire sa taille droite, ses beaux bras,
Et sa hanche polie, et ses seins délicats,
Et d’une main, que guide une exquise décence,
Fait un voile pudique à sa jeune innocence.*

Mais un grand cri soudain retentit dans les bois,
Et Xanthis tremble ainsi que la biche aux abois,

Car elle a vu surgir, dans l’onde trop fidèle,
Les cornes du méchant satyre amoureux d’elle

Xanthis d’Albert SAMAIN

*- j’adore ces deux vers.

Je me réveille soudain hirsute en sursaut, la porte en s’ouvrant a fait tomber ma canne calée à proximité. Je me dresse comme un beau diable sur ma couche, ensuqué, moi, pas la couche. Une silhouette féminine s’encadre lascivement  dans la porte. A l’instant de crier Au Viol je reconnais la voisine. Elle bafouille qu’elle s’est trompée de porte et disparait dans la chambre d’en face. Je referme soigneusement la porte. A clé.

Calamity-Joe-hier.jpgJe la croise le lendemain devant l’Oratoire et je m’efface en lui dédiant un Place Aux Jeunes du plus bel effet.

Elle sourie, se penche et me glisse Si vous saviez…
Mais quel âge vous avez jeune homme ?
– Je suis un vieux sexygénaire, rétorque-je !
Ses yeux brillent quand elle m’avoue ses septante-sept printemps.


Je m’exclame que la bière conserve vraiment bien.
Elle s’appuie sur mon bras pour me confier
- Oh... Mais... il n’y a pas que çA !

Comprenne qui pourra.

 

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