Les Françaises et le « mommy porn »

Publié le par Le Père Peinard

Ca se passe près de chez vous... *

 

Enquête IFOP pour  Femme Actuelle à l’occasion de la publication du second

tome de « Cinquante nuances de Grey » 

 

Les jeux sexuels de domination et de soumission constituent des formes minoritaires de la sexualité féminine mais certaines pratiques « soft » comme la fessée font de plus en plus d’adeptes

 

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La tendance à l’élargissement du répertoire sexuel des Françaises se confirme avec des pratiques SM « soft » en nette progression par rapport aux années 80. Aujourd'hui, une femme sur quatre déclare avoir déjà reçu une fessée de son partenaire (24%) contre 8% en 1985.

On remarque également qu’une proportion non négligeable de femmes admet avoir déjà fait l’amour en étant dominée (35%), en ayant les yeux bandés (16%) ou en étant ligotée ou menottée (15%). En revanche, la pratique de jeux érotiques de domination ou de soumission plus« hard » comme le bondage et le SM reste toujours aussi marginale (5% aujourd'hui, 3% en 1985).

Mais au-delà de la réalité des pratiques, ces jeux sexuels sortant de l’ordinaire semblent avoir un réel potentiel fantasmatique pour la gent féminine. En effet, près d’une femme sur deux aimerait faire l’amour en étant dominée (44%) ou en en ayant les yeux bandés (40%) et plus d’une sur quatre souhaiterait recevoir un fessée (28%) ou faire l’amour en étant ligotée (28%).

A noter que le goût des femmes est aussi fort pour les jeux où elles sont dominées que pour ceux où elles sont dominantes : deux sur trois sont disposées à faire l’amour les yeux bandés (65%) ou en bandant les yeux de leur partenaire (65%), six sur dix à s’ébattre en étant dominée (59%) ou en dominant leur partenaire (62%), quatre sur dix à recevoir (39%) ou à donner (39%) une fessée…

la fesséeQu’elles soient en position dominée ou en position dominante, les femmes disposées à pratiquer ce genre de jeux sexuels sont systématiquement plus jeunes, plus diplômées et plus éloignées de la religion que la moyenne des Françaises.

De même, qu’ils aient été réalisés ou qu’ils soient du domaine du souhaitable ou du réalisable, ces fantasmes sont toujours plus répandus chez les femmes en couple – notamment chez celles ne cohabitant pas encore avec leur partenaire –, chez les femmes affirmant une part d’homo ou de bisexualité et chez celles ayant une vie sexuelle plus intense et plus satisfaisante que la moyenne.

Mais il est aussi très intéressant de noter les effets de domination sociale sur les types de fantasmes féminins : alors que les jeux mettant en scène une domination masculine sont plus répandus chez les femmes des catégories populaires (employées, ouvrières), les scénarios où afemme domine ont plus les faveurs des catégories supérieures et ceci que ce soit en termes de pratiques ou de fantasmes.

FesséePolitiquement, les effets sont moins nets mais l’on observe que les jeux sexuels mettant en scène une domination de l’homme sont généralement plus répandus chez les sympathisantes de droite et d’extrême droite que dans les rangs des femmes de gauche qui, de parleur sensibilité féministe, peuvent s’avérer plus réticentes à l’égard de fantasmes de soumission de la femme.

 

* - et peut-être même chez vous...

Publié dans Eros et Thanatos

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