On the road : trainquille et pépère...

Publié le par In Memoriam Michel Cordier

Nous avons reçu sous pli discret et confidentiel posté à Sacoué par Michel C. le récit suivant.

Ames sensibles, s'abstenir...

 

Une petite route que le fourgon négocie calmement vu que l’herbe des bas-côtés n’est pas fauchée et que s’il faut croiser un autre véhicule, il convient au moins de viser en fermant un œil. Vu le  nombre de virages, je reste persuadé que la DDE l’a dessinée après l’apéro.

 

Chien à sucette !

Et là, surprise ! Un chien de type bonne pâte, de race variée, rondouillard trottine en reniflant de part et d’autre de la voie sauf qu’il est au milieu. Halte là les chevaux, coup de frein progressif et sentiment qu’il ne m’a même pas entendu. C’est étonnant une tonne huit arrive lancée et trente kilos s’en accordent sans même tourner la tête. Sourire, finalement le fourgon doit être furtif ! Bien sûr, suivre le pas à distance respectée et voir venir…

 

 

Le pèlerin est tout à son chemin comme si de rien n’était sauf que derrière moi une voiture profilée course, un gros 4x4 et un vif coursier en fourgonnette mettent au rouge l’arrière de leur véhicule. Ils voient bien sûr le cabot autiste mais pour doubler, impossible. Suivant doucement le beau milieu de la route, un œil devant, l’autre pour le rétroviseur, je me demande d’où vient le phénomène ? Beau poil, collier, pas de chasse, peut-être un évadé ?

 

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En moins d’une minute les chevaux gas-oil hurlent leur impatience. Si le chien est sourd, moi pas ! Mauvaises idées : accélération et tâches rouges sur le bitume, aïe. Je serre les dents durant le kilomètre et demi pendant lequel le baladin nous a tenus aux aguets poussant même une pointe de vitesse aux alentours de vingt deux kilomètres heure / compteur mais franchement pas longtemps. La garniture du volant n’est pas comestible mais sûr, il y a des trous dans les cerceaux derrière.

 

Le bougre se décide à prendre une route forestière relative à droite. Réflexe, je l’accompagne sur trois rugissements à exploser le budget hebdomadaire de carburant. Manque de chance, il contourne la mare et faute d’avoir sur-gonflé les pneus, la ligne de flottaison risque d’être trop basse ; je descends. De l’autre côté à ma gauche, un saule rustique en cathédrale végétale danse la brise du crépuscule en devenir.

 

 

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J’y ai passé la nuit ! Le chien s’est évanoui en brumes.

Publié dans Corderie en Barousse