Partie nulle entre les miradors de la Veuve Noire **

Publié le par Le Père Peinard

Nous arrivons, tendus comme des arcs, sourires crispés, démarches presque altières et… doigts croisés dans le dos.

 

Les miradors semblent gigantesques. Je remarque un tout petit œil noir regardant le milieu de mon front, assez méchant pour passer une main désinvolte qui étale sa moiteur . De plus c’est le saint des saints de la Veuve Noire*, les câbles courent de partout, le vent appelle leur chant lugubre.

 

Une porte, du jamais vu ! Il est sûr que l’architecte avait des actions chez « Ferraille* au Taquet » Claquement de mors aux dents (c’est nous) oeil inquisiteur (c’est eux) un téléphone sonne, celui du capitaine* demandant de nous décrire… Il s’en sort bien le bougre ! Chuintement qui coupe la Montagne* de fer en un passage pour nains et contre toute attente, nous entrons.

 

Evasion-Muret.jpg

 

Tentative d'évasion à la faveur du Tournoi d'échecs...


Nous passerons sous silence le poids des regards, des murs, des pavés de bétons chichement ouverts et les câbles qui chantent leur requiem. Passons aussi sous silence le nombre de portes, de porteurs de badge, la fouille… encore, ce serait une femme* ! Salle vide à pleurer qui ressemble à un étouffoir d’espoirs. Seuls les jeux trônent en maîtres sur les tables. Il y a même des numéros taillés à l’ongle du repris de justice sans malice. Il connaît le chiffre mais les nombres ?

 

Piètre tentative de décontraction qui, pour un instant de plus, aurait suffit sauf que… voilà les adversaires ! Drôles de démarches, bizarres regards et même pas de canon sur les tempes ! Silences et mains serrées sur une « bonne partie ! » c’est l’échec d’une vie, peut-être en S signalé vu l’âge de certains. Soixante quatre cases et le jeu médiéval : je kidnappe un pion dans l’ouverture pour ouvrir la colonne. Sauf que le bougre* la joue fine. Il va falloir assurer les arrières. Réussite de strangulation : une Tour pour un Cavalier – la qualité ! Non plus resserrer les boulons mais ne plus plaisanter !

 

Je jette un regard sur le jeu de mes comparses* pendant que mon étrangleur* aux mains si fines que c’en est aberrant, planche sur une question : nouvel échange ? Au final, nous avons bataillé comme des furieux pour finir quasi-nus sur une égalité (non pas, partie nulle)

 

Regard en vrai, enfin un sourire d’homme ! La main avance, l’une de celles qui me font peur. Je la prends… chaleur, douceur et… intelligence !

 

NOUS AVONS GAGNE TOUS LES DEUX : une non-peur, un échange hasardeux et pour tous le fameux « et si au 27ème coup je te jouais ça ? » «  Alors… je réponds un autre piège… » «  Oui mais… »

 

Depuis nous rejouons la même partie - de loin - elle n’est pas finie…

 

@ suivre

 

Michel* C. *

 

* - Pour des raisons de sécurité évidentes, tous les visages et tatouages ont été floutés. Les noms, prénoms, noms de lieux, grades, matricules, surnoms et pseudonymes ont été modifiés. Toute ressemblance serait le fait du hasard *.

 

** - ndlr : le titre a été légèrement dramatisé pour le rendre plus vendeur.

 

 

Publié dans Corderie en Barousse

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