Quand on me parle de culture, je sors ma TVA ! Frédo Mitterrand

Publié le par perepeinard

La rigueur frappe une exception française déjà fragile: la librairie

Exception culturelle française, protégée par le prix unique depuis 30 ans, le livre fait les frais de la rigueur avec une hausse de la TVA qui frappe durement les librairies indépendantes déjà fragilisées par les ventes en ligne et, de plus en plus, les ebooks.


 
 
Photographe : Francois Guillot :: Une librairie en France  
photo : Francois Guillot, AFP

Ce relèvement de la TVA de 5,5% à 7%, en place depuis le 1er avril, pourrait néanmoins être éphémère... Le candidat socialiste à l'élection présidentielle François Hollande a promis un retour à une TVA réduite à 5,5% pour le livre s'il était élu le 6 mai.

En France, "où tous les présidents de la République ont écrit", le livre tient une place à part, soulignait récemment François Bayrou, candidat du MoDem.

Le gouvernement a mis "dans le barillet la balle destinée à tuer les libraires indépendants", a déclaré Vincent Monadé, ancien libraire et directeur de l'Observatoire du livre et de l'écrit en Ile-de-France (MOTif).

 

"C'est beaucoup de risques pour une goutte d'eau dans les caisses de l'Etat, considérant l'ampleur de la dette. Le point et demi de hausse de la TVA sur le livre est évalué à 60 millions d'euros au maximum", explique à l'AFP le délégué général du Syndicat de la librairie française (SLF) Guillaume Husson.

Tous secteurs confondus, ce point et demi représente, selon le ministère du Budget, environ 10% de l'effort budgétaire des deux plans de rigueur du 24 août et du 7 novembre.

 

Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand "a dû se plier au coup d'Etat de Bercy", le ministère des finances, déplore Renny Aupetit, libraire parisien.

Le ministre a rappelé récemment l'importance du livre en France: "3 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 30.000 emplois".

La France bénéficie d'un des réseaux les plus denses au monde, avec quelque 2.500 librairies professionnelles, contre à peine 1.000 en Grande-Bretagne.


Cette hausse pourrait "faire passer dans le rouge tous les libraires et en acculer certains à la fermeture" si elle leur était répercutée, avertit Guillaume Husson, qui voit dans le livre "un objet de première nécessité" en même temps qu'un "enjeu de démocratisation de la culture".

Publié dans Luttes sociales

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